BLUE VALENTINE Description : Description : Description : Description : 1etoileDescription : Description : Description : Description : 1etoileDescription : Description : Description : Description : 1etoileDescription : Description : Description : Description : 1etoile

Etats-Unis (2010)

114 minutes

Réalisé par :

Derek Cianfrance

Avec :

Ryan Gosling, Michelle Williams, Faith Wladyka, Mike Vogel, John Doman

Scénario :

Derek Cianfrance, Cami Delavigne, Joey Curtis

Directeur de la photo :

Andrij Parekh

Musique :

Grizzly Bear

 

 

 

 

Vous avez été chamboulés par Eternal sunshine of the spotless mind de Gondry ? Préparez-vous à embarquer à nouveau pour un "voyage à deux" passionnel et douloureux. La vie et la mort d'un couple, du coup de foudre aux ravages du quotidien, des promesses de bonheur aux déchirements. Blue Valentine débute sur les regards d'un couple usé pour remonter le fil du temps par flashbacks, instants volés entre sourires et drames intimes. On tient là le couple de l'année, une évidence : Ryan Gosling et Michelle Williams, à fleur de peau, accordés chair et âme. Durant plus de onze ans de faux départs, Derek Cianfrance s'est accroché à son projet, traversant faillite, incendies ou décès. Il voulait ces acteurs-là et personne d'autre. Et au vu du résultat, on comprend pourquoi.

 

Dean et Cindy se donnent une nuit, une seule, pour remettre les compteurs à zéro et voir si leur mariage peut être sauvé, les tensions apaisées. Ils ont une petite fille. Lui est devenu alcoolique, a encore l'immaturité d'un gamin, elle, déjà beaucoup plus grave, travaille dans un hôpital et tient nerveusement sur une corde raide. Pourtant, tout commençait de façon idyllique, il y a quelques années de cela… Ils étaient jeunes, pensaient avoir trouvé l'amour de leur vie, chantaient et dansaient dans la rue. Elle voulait devenir médecin et était enceinte d'un autre homme, il bossait comme déménageur et décidait d'élever l'enfant comme le sien. Mais l'amour s'échappe, sans qu'on y prenne garde. Laissant une large place à l'improvisation à ses comédiens, le réalisateur nous offre un petit bijou de mise en scène aux temps déconstruits, truffé de moments de vie authentiques.

 

 

C'est dans "L'antre du futur", une chambre d'hôtel très space (une sorte de vagin robotique !) qu'on les verra s'enlacer, se repousser, se remémorer chacun leurs belles heures, chercher à faire l'amour encore, une dernière fois…alors même que le désir est mort. Une nuit charnière dans un espace réduit, aussi étouffant que le lien qui les attache. Les scènes sexuelles sont magnifiques, car réalistes, crues, au plus près de la vie. On sent l'énergie et la rage qu'ont données les acteurs pour interpréter au plus près de leurs tripes ces amoureux sur le déclin. La scène de mariage se superpose alors à celle de la séparation, atteignant un climax émotionnel rare. Le cœur est ailleurs quand les corps, eux, refusent de se quitter. Derek Cianfrance, enfant traumatisé par le divorce de ses parents (à l'origine de l'écriture de son script), ne prend jamais parti pour l'un ou l'autre de ses personnages. Il est définitivement AVEC eux. On sort de salle extrêmement émus, en se demandant ce qui fait ou défait les couples et où l'amour se perd…Un beau film sur l'incommunicabilité. Absolument bouleversant.

 

Alexandra Louvet