LA BALADE SAUVAGE Description : Description : Description : Description : 1etoileDescription : Description : Description : Description : 1etoileDescription : Description : Description : Description : 1etoileDescription : Description : Description : Description : 1etoile

Etats-Unis (1974)

95 minutes

Réalisé par :

Terrence Malick

Avec :

Sissy Spacek, Martin Sheen, Warren Oates, Gary Littlejohn

Scénario :

Terrence Malick

Directeurs de la photo :

Tak Fujimoto, Stevan Larner, Brian Probyn

Musique :

George Aliceson Tipton

 

 

 

 

Une petite précision pour commencer. Le terme ballade désigne une chanson ou un petit poème narratif alors que le mot balade est synonyme de promenade, flânerie. Cela a du échapper à certains distributeurs qui ont imprimé des milliers de DVD’s contenant une faute d’orthographe dans le titre. Maître Capello (à ne pas confondre avec Fabio Capello, sélectionneur italien de l’équipe de foot d’Angleterre) sors de ce corps !!! Mais puisque le cinéma est une chose sérieuse paraît-il (j’en connais qui se mettent dans des états de fureur - pathétiques ! - lorsqu’un article de Brazil leur déplait), fermons la parenthèse. Sorti sur grand écran en 1974, La balade sauvage a fait entrer Terrence Malick dans le cercle très fermé des réalisateurs surdoués. Une réputation qui ne se démentira pas après les tournages de ses films suivants : Les moissons du ciel et La ligne rouge notamment.

 

Ce qui frappe en premier lieu ? La beauté stupéfiante des images. Véritable orfèvre en la matière, Malick s’entoure des meilleurs techniciens et capte des lumières naturelles d’une beauté renversante. Autre force de son cinéma : le poids des mots. Avant d’être réalisateur, Malick est un poète. Contrairement à bon nombre de cinéastes se servant de la voix off par paresse ou incompétence, Malick utilise ce procédé pour jongler avec les mots. La douce voix de Sissy Spacek accompagne ainsi la fuite de Kit et Holly : « On commencerait une nouvelle vie. On changerait de nom. Lui s’appellerait James. Moi Priscilla. On se cacherait comme des espions quelque part dans le Nord. Là où les gens ne se posent pas trop de questions. Je me sentais liée à Kit. Pour le meilleur ou pour le pire. Autant passer une semaine avec quelqu’un qui m’aimait pour ce que j’étais plutôt que de vivre des années de solitude ». Plus que jamais, la littérature et le cinéma font corps.

 

La balade sauvage est inspiré d’un fait divers : un homme de 19 ans et sa bien-aimée, 14 ans, ont éliminé onze personnes aux Etats-Unis à la fin des années 50. Dans le film de Malick, Holly, une gamine de quinze ans, accompagne Kit, vingt-cinq ans, l’assassin de son père, dans sa fuite. Un acte de folie pour le Monde entier. Une preuve d’amour aux yeux des amants criminels. Après avoir entamé leur parcours meurtrier, ils vont se cacher dans la forêt, près d’une rivière. Ils construisent une hutte dans les arbres, pêchent, se couchent dans l’herbe pour contempler les nuages. Ils communient avec la nature. Paisiblement. Ce sont pourtant les mêmes énergumènes qui, plus tard, tueront froidement des innocents. Ils les regarderont se vider de leur sang sans broncher. Les contempler jouer comme des enfants et danser dans les bois les rend incroyablement attachants. Mais lorsqu’ils regardent leurs victimes agoniser sans culpabiliser, ils ressemblent à des monstres. Sans jamais glorifier ni condamner les actes de ses protagonistes, superbement interprétés par Martin Sheen et Sissy Spacek, Malick leur réinvente une vie à mille lieux des codes de notre société de consommation. Une œuvre rebelle en quelque sorte.

Johan Girard