RÊVES VOLÉS ![]()
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Brésil
(2009)
87
minutes
Réalisé par :
Sandra
Werneck
Avec :
Nanda
Costa, Amanda Diniz, Kika Farias
Scénario :
Paulo
Halm, Michelle Franz, Adriana Falcão, Sandra Werneck, Jose Joffily, Mauricio O.
Dias
Directeur de la photo :
Walter
Carvalho
Musique :
Fabio
Mondego, Fael Mondego, Marco Tommaso
Trois adolescentes font face à la dure réalité des
favelas de Rio de Janeiro. Plusieurs possibilités s’offrent à elles pour
survivre mais c’est bien l’une des pires voies possibles que les gamines vont
emprunter. Celle de

Jessica, Daiane et Sabrina n’ont pas encore soufflé
leurs 18 bougies. La plus jeune n’a que 14 ans. Pourtant, les hommes qu’elles
rencontrent ne se préoccupent jamais réellement de leur âge. Les animaux sont
en liberté. Prêts à sévir. A chaque seconde qui passe, la dureté des favelas
crève un peu plus les yeux mais jamais Rêves
volés ne nous cloue sur place comme La cité de Dieu, entre autres, avait pu le faire
par le passé. La mise en scène manque de panache et le scénario se révèle assez
prévisible. En se prostituant et en vivant de petites combines, les gamines vont
s’enfoncer doucement mais surement vers les tréfonds de l’âme humaine. Au cours
d’une scène d’une absolue cruauté, l’une des trois filles va être bousculée par
son beau-père avant qu’il ne tente d’abuser d’elle. Cette dernière le repousse.
Les gifles pleuvent. Mais, quelques heures plus tard, elle finit par accepter
de se laisser prendre dans une voiture en échange de quelques billets. Les
dernières illusions de cette jeunesse perdue partent alors en fumée. Et les
nôtres avec. Tout s’achète, tout se vend. Même la dignité humaine.

Si
le film n’esquive donc jamais la dureté de la vie dans les favelas, quelques
notes positives viennent parfois atténuer le propos et distraire le spectateur
avec plus ou moins de légèreté. On observe alors les gamines échanger des
banalités, tuer le temps en évoquant leurs rêves et leurs espoirs comme le font
toutes les filles de leur âge. L’horizon s’éclaircit mais, conséquence assez
ironique, ces périodes de tranquillité sont rapidement synonymes d’ennui. La
faute aux dialogues, pas assez ciselés, mais aussi aux interprètes, appliquées
mais manquant de profondeur et de souffle. La mécanique scénaristique se remet
alors en ordre de marche. Les trois jeunes prostituées retrouvent leurs tristes
habitudes et Rêves Volés se transforme à nouveau en œuvre glauque dont on tente
de s’extirper. On suffoque jusqu’à ce que le clap de fin vienne nous arracher à
la sinistrose ambiante. Enfin.
Johan Girard