IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE Description : Description : Description : Description : Description : 1etoileDescription : Description : Description : Description : Description : 1etoileDescription : Description : Description : Description : Description : 1etoileDescription : Description : Description : Description : Description : 1etoile

Etats-Unis/Italie (1984)
220 minutes
Réalisé par :
Sergio Leone
Avec :
Robert De Niro, James Woods, Elizabeth McGovern, Joe Pesci, Jennifer Connelly
Scénario :
Sergio Leone, Leonardo Benvenuti, Piero de Bernardi, Franco Arcalli, Franco Ferrini, Enrico Medioli (d’après l’œuvre de Harry Grey)
Directeur de la photo :
Tonino Delli Colli
Musique :
Ennio Morricone

 


C’est l’histoire d’un film qui démarre comme il se termine. Par une prise d’opium carabinée. L’histoire d’un gangster juif, David ‘‘Noodles’’ Aarason, souriant à pleines dents face à la caméra, d’une valise remplie d’un million de dollars, posée secrètement dans une consigne des années auparavant, et dont le contenu s’est envolé. C’est l’histoire d’une bande de gamins, cinq au total, faisant les quatre-cents coups du matin au soir jusqu’à ce que le plus jeune y laisse sa peau. Pour avoir vengé la mort de son ami, Noodles croupira derrière les barreaux de longues années. Le temps de devenir un homme. C’est l’histoire d’une charlotte à la crème, passeport immédiat pour le plaisir de la chair, et d’un gamin, assis dans les escaliers, admirant la pâtisserie sous toutes les facettes, la bave aux lèvres, avant de se jeter dessus. Au diable le sexe ! C’est l’histoire d’un trou dans un mur permettant d’observer ce qui se passe de l’autre côté : Une fille en train de danser et, bientôt, de se déshabiller. Les premiers émois adolescents. Les premiers tourments. Les premières arnaques aussi.

 

Ils ont toujours rêvé d’être des gangsters. Alors, Noodles et ses amis Maximilian Bercovicz, Philip Stein et Patrick Goldberg ont tout mis en œuvre pour y arriver. Détrousser les alcoolos à la sortie des bars. Mettre le feu aux kiosques à journaux. Piéger les flics puis les faire chanter. Et, bientôt, faire de l’alcool un commerce lucratif. Parce qu’Il était une fois en Amérique est aussi l’histoire de la prohibition, d’un New York gangréné par la corruption. L’histoire d’une mise en scène vertigineuse, d’une musique entêtante signée par l’incontournable Ennio Morricone, d’un scénario diabolique qui délaisse les poursuites et fusillades au profit de silences assourdissants. Trente-cinq ans que Noodles se pose des questions sur la disparition de ses amis, qu’il rumine cette soirée où tout a basculé. Que s’est-il passé ? Comment sont-ils morts ? Sergio Leone ne nous laisse pas le temps de nous poser la question, préférant nous faire voyager dans le temps.

 

Nous sommes au début des années 20, Noodles n’a d’yeux que pour Déborah. Il lui avouera une décennie plus tard avoir rêvé d’elle jour et nuit. Et il la violera sauvagement à l’arrière d’une voiture. Les mouvements féministes se plaindront longtemps de l’image que le film donne des femmes. Il était une fois en Amérique, c’est également un ascenseur qui descend lentement … lentement … lentement … jusqu’à ce que des coups de feu retentissent. C’est une valise qui s’ouvre et le bruit d’un train lancé à pleine vitesse qui s’enclenche aussitôt. C’est un entracte offert au spectateur après que Noodles ait vu s’envoler la fille de ses rêves. C’est un flingue qui caresse un téton. C’est le regard de chien enragé de John Woods. La performance époustouflante d’un Robert De Niro au sommet de son art. Les premiers pas de Jennifer Connelly. Et les derniers de Sergio Leone. Laissant derrière lui une flopée de chefs d’œuvre dont ce film-fleuve de 3h40. L’histoire d’une trahison. Mémorable.

Johan Girard